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Chapelle Saint-Urfold

Saint-Urfold - Situer

La chapelle ouvre ses portes aux visiteurs du 15 juillet au 15 août pour leur présenter une exposition d’art contemporain. Cette dernière a lieu dans le cadre d’un circuit regroupant dix-sept chapelles. Cette opération est organisée par l’Association Arz e Chapeliou Bro Léon à laquelle adhère les Amis de Saint-Urfold.

La chapelle

La chapelle, située à un kilomètre au Nord-Ouest du bourg, sur la route de Coat-Méal, se trouve dans un cadre magnifique, qui abrite également une fontaine et un calvaire. Elle daterait du XVe siècle mais il est vraisemblable qu’elle contient partiellement des structures de chapelles antérieures. La chapelle, vendue à la révolution, fut cédée en 1825 à la commune par un certain M. Guéna. En 1841, la commune la donna à titre gratuit à la « fabrique » pour qu’elle soit à nouveau ouverte au culte. La chapelle n’avait qu’un autel et comportait les statues du St patron, de Notre Dame des Douleurs et de St-Jean l’Evangéliste. Au cours des décennies qui suivirent, elle se dégrada progressivement et il fallut toute l’abnégation des Amis de Saint-Urfold pour lui refaire une santé, en l’ornant en particulier de vitraux relatant la vie de l’ermite.

“Si le nom de son bâtisseur n’est pas connu avec certitude, il est attesté que la famille de Kerlozrec en fut le principal donateur dès la première moitié du XVe siècle. C’est pourquoi, il est permis de penser que, peut-être, les membres de cette famille et, plus particulièrement Jehan de Kerlozrec et son épouse Catherine de Kerhoënt (propriétaires du manoir de Coativy-Bihan en 1443) dont le blason figure toujours au-dessus de la porte ouest et sur la gauche de l’autel nord, furent à l’origine de la construction de la chapelle Saint-Urfold. Néanmoins, ils n’ont, très certainement, pas été les seuls à jouer un rôle important dans l’histoire de cet édifice au Moyen-Âge puisque quatre blasons d’autres seigneurs en ornent également les murs. Malheureusement ces blasons n’ont pu apporter aucune information complémentaire. En effet, n’ayant été que peints et non martelés comme ceux des De Kerlozrec, la plupart sont soit devenus naturellement illisibles au fil des siècles, soit probablement effacés lors de la Révolution française. Quant à celui qui se trouve à droite de l’autel, bien que déchiffrable, il ne figure pas dans le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy. Par conséquent, il demeure une grande énigme. Dès lors toutes les hypothèses le concernant sont possibles. Ce blason étai-il celui de l’épouse d’un fils de Jehan de Kerlozrec, venue d’une région située hors de Bretagne ? La question reste posée.

De plan rectangulaire, la chapelle comprend une nef de trois travées et un vaste chevet ajouré par deux hautes fenêtres jumelées. Parallèlement à la construction de cet édifice, le tombeau du saint fut mis en valeur par l’installation d’un sarcophage uni en garnit, haut de trois pieds, sans inscription, creusé une arcade voûtée.

Pour accompagner le tombeau, en plus du mobilier nécessaire à tout office, il semble qu’aux alentours du XVIe siècle (début de l’époque moderne) la statue de Sainte Marguerite d’Antioche et du Christ en Croix, encore visibles de nos jours, furent également mises en place dans la chapelle.

Il en fut probablement de même pour la pietà en bois polychrome, placée depuis 1950 dans l’église Notre-Dame” (d’après Il était une fois Bourg-Blanc, Aurélie Alliard-Bescond).

La fontaine

“La fontaine de Saint-Urfold, située en contrebas de la chapelle, serait contemporaine de la chapelle. Néanmoins, la source autour de laquelle fut construite la fontaine de Saint-Urfold, devait exister bien avant la christianisation de la région. Ainsi, durant la Préhistoire et l’Antiquité, elle était déjà, peut-être, au cœur de pratiques païennes sacrées ou au moins fréquentée par les populations indigènes. Par conséquent, cela expliquerait la présence de deux pierres datant de ces époques lointaines dans l’actuelle fontaine. En effet, tout d’abord, au-dessus de la niche, on aperçoit une imposante pierre en forme de demi-sphère. Certains pensent qu’il s’agit d’une stèle basse très ancienne coupée en deux.

Fontaine et lavoir de Saint-Urfold – Collection F. Trébaol

S’agirait-il d’une stèle celtique utilisée, comme celle du Cloître-Primel, dans le cadre de rituels religieux ? Ensuite, au fond de la fontaine repose une autre grande pierre mais cette fois-ci ronde et percée d’un trou. Ce serait probablement une meule datant de l’époque gallo-romaine. De ce fait, le site de Saint-Urfold était probablement connu des habitants bien avant l’arrivée du saint au VIe siècle et, en réalité, saint Urfold puis, quelques siècles plus tard, les bâtisseurs de la chapelle et de la fontaine n’ont fait que donner une dimension chrétienne à ce lieu.

L’enclos de la chapelle, le socle, le fût et la pietà (en Kersanton) du calvaire dateraient également du XVIe siècle. On raconte que la pietà qui se trouvait dans la niche en pierre de la fontaine, avant d’être volée au cours du XXe siècle, était identique à celle du calvaire. Seulement, elle était un peu plus petite”. (d’après Il était une fois Bourg-Blanc, Aurélie Alliard-Bescond).

Saint-Urfold

C’est dans une vaste forêt appelée Duna que l’ermite Urfold, oncle du barde aveugle Hervé, aurait bâti un ermitage que rappelle aujourd’hui la chapelle.

D’Urfold, on ne connaît que ce qui est écrit dans la vie de saint Hervé.

Saint Urfold serait né au manoir de Lanriou sur le territoire de Landouzan (au Drennec) vers le VIe siècle. Il aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Akh avant de s’y installer. Ce monastère se situait probablement dans la région de Brest, appelée aujourd’hui “Bro Ac’h”.

Hervé, le barde aveugle, se rendit dans un ermitage occupé par son oncle Urfold : lann Urphoed, au pays d’Ac’h. Cet ermitage se trouve aujourd’hui en Lanrivoaré et est appelé “ermitage de Saint Hervé”.

Hervé demanda à Urfold où habitait sa mère, Rivanon. Urfold conduisit Hervé auprès de sa mère. Celle-ci demanda à son fils de ne pas quitter le territoire d’Urphoed avant qu’elle n’eut rendu son dernier soupir. Ainsi Hervé resta sur la terre d’Urfold et Urfold se retira dans la forêt de Dunan (du breton “doun”, profond), s’y fixa et y construisit son oratoire. C’est là que se trouve aujourd’hui la chapelle de Saint-Urfold.

Lorsqu’il apprit le décès de oncle, saint Hervé quitta l’oratoire de sa mère pour se rendre au tombeau de saint Urfold. Albert Le Grand, dans Vies des Saints de Bretagne Armorique raconte que l’oratoire du saint était dans un tel état d’abandon qu’on ne pouvait plus discerner l’emplacement exact de sa sépulture. Aussi, lorsque saint Hervé arriva à proximité de ces ruines, il s’y prosterna pour prier. C’est alors que le sol se mit à trembler fortement.. A ce moment, la terre s’ouvrit et de cette ouverture jaillit une odeur suave et odoriférante. Grâce à ce miracle, saint Hervé retrouva la tombe de de son oncle et la mit en valeur à l’aide de pierres. Après cet épisode, le monument funéraire devint le cadre de nombreux miracles.

Le Pardon de Saint-Urfold

“Depuis le Moyen-Age, la tradition du pardon de Saint-Urfold ne s’était pas perdue. Seulement, depuis la révolution et l’Empire, la chapelle et ses dépendances n’appartenaient plus à la paroisse mais à des particuliers. De ce fait, le pardon ne pouvait plus avoir lieu.

Mais dans la première moitié du XIXe siècle, le désir des Blancs-Bourgeois de voir renaître cette tradition fut si forte qu’un miracle se produisit. En effet, en 1825, le propriétaire de la chapelle et de la fontaine, M. François Quénéa, choisit de les céder à titre gratuit à la commune. Par la suite, en 1841, la commune fit à son tour don de la chapelle à la Fabrique de la paroisse afin que l’édifice soit réouvert au culte. C’est ainsi que le pardon de Saint-Urfold put à nouveau être célébré.

Durant le XIXe siècle et une grande partie du XXe siècle, le pardon de Saint-Urfold avait lieu sur deux jours : le dimanche et le lundi de la Pentecôte. Aujourd’hui, il se déroule le dimanche de Pentecôte.

Depuis bien longtemps, le pardon de Saint-Urfold est une manifestation à la fois religieuse (avec la messe) et profane (avec de nos jours la kermesse des écoles privées, et autrefois la fête foraine).

A l’origine, la kermesse a vu le jour au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’objectif étant de récolter des fonds pour permettre aux Blancs-Bourgeois d’envoyer des colis aux membres de leurs familles, prisonniers en Allemagne. Elle supplanta alors très rapidement la fête foraine organisée auparavant. Quand la guerre prit fin, la kermesse demeura un tradition et il fut décidé que l’argent récolté à cette occasion servirait à aider au financement des différents travaux de l’église et des écoles privées de la paroisse.

Le Pardon de Saint-Urfold commençait le dimanche après-midi avec le pardon des enfants. Ce jour-là, les parents accompagnaient leurs bambins afin de les placer sous la protection de saint Urfold. Pour ce faire, ils les faisaient passer sous l’arcade du tombeau.

Le lendemain, dans la matinée, une procession partait du bourg pour regagner la chapelle où se déroulait alors exceptionnellement la grand-messe. Tout au long de la procession, les paroissiens chantaient, avec cœur, de nombreux cantiques tout en arborant fièrement les différentes bannières de la paroisse. Les fidèles étaient nombreux à participer à la messe du lundi de Pentecôte.

L’après-midi, il y avait les vêpres. Aujourd’hui les vêpres et la procession ont été supprimées. C’est en 1965 que les responsables religieux de la paroisse mirent un terme à la procession prétextant : “Avec les engins motorisés, elle n’était plus suivie de la foule des pèlerins qui faisaient la route à pied, ce qui lui a fait perdre son sens, car une procession doit être une prière et non un objet de curiosité”.

A l’issue de la grand-messe, tout en continuant d’invoquer saint Urfold pour la guérison des rhumatismes, les pèlerins passaient , tant bien que mal, sous l’arcade du tombeau. Certains jeunes gens se rendaient également à la fontaine pour essayer de faire flotter une aiguille sur une feuille de papier à tabac. S’ils y parvenaient, ils “étaient sûrs” de se marier dans l’année ! (d’après Il était une fois Bourg-Blanc, Aurélie Alliard-Bescond)

 

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