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Chapelle Saint Laurent (à Troménec)

À l’entrée de la commune de Landéda, à l’orée d’un bois.
Ouverture estivale (14h-18h) grâce à des bénévoles de l’association.

Extrait du livre d’Or :

 

 

 

 

 

 

Auteurs

Patrimoine des Abers
L’association PATRIMOINE DES ABERS, à but non lucratif, oeuvre depuis 2006 pour recenser, inventorier, valoriser et faire connaître le patrimoine des communes de LANNILIS et…

photo : B. Le Gouriérec

Description

Située sur la commune de Landéda,la chapelle tirerait son nom du toponyme “tro” issu du vieux breton “tnou” signifiant “vallée“. Son second élément “menec” provient de “maeneg“, endroit pierreux.Vers 1436, Guillaume Simon de Tromenec épouse Adelice Le Barbu de Tromenec, héritière du lieu-dit. Ce lieu de Tromenec comprenait un manoir seigneurial à cour fermée, un pigeonnier, un moulin, un étang et la chapelle, confirmant sa noblesse.
La chapelle Saint-Laurent de Tromenec, édifiée au XVe siècle, inscrite au titre des Monuments historiques par arrêté du 18 octobre 1926, est propriété de la commune de Landéda.

Le pignon ouest arbore une fine rosace en granit composée d’un polylobe central entouré de six quadrilobes.

Vue générale :

La chapelle en 1977 :

Historique :

Connue aussi sous le nom de PENFEUNTEN (une fontaine se situait à son extrémité est, Cf extrait cadastral de 1841 ci-dessous) ou de Notre-Dame, selon R. Couffon, cette élégante petite chapelle de St Laurent ou de Tromenec est un édifice gothique, vestige du manoir fortifié de Tromenec,  fondé au XVème siècle.
Elle fut acquise par la commune en 1979.

Baptêmes et mariages avaient lieu à l’église paroissiale de Landéda. Pourtant , on trouve trace d’un mariage célébré au 18eme siècle, par permission spéciale de Monseigneur en la chapelle St Antoine.
Semblable dérogation se retrouve, lors du mariage d’escuyer Yves Le Bihannic seigneur de Guiquermeau, de Lannilis avec demoiselle Marie Gabrielle du Trévou, de Landéda, célébré le 30 septembre 1743 à Notre-Dame de Penfeunteun (Troménec/Saint Laurent) par permission accordée du grand vicaire de Léon.

Histoire récente :

Le “tombeau” fut violé à la Révolution. Vers 1850 , la pierre tombale de Guillaume Simon de Troménec, qui se trouvait dans l’église paroissiale fut transférée dans la chapelle. A la Libération, des soldats américaines ouvrirent les sarcophages, à la recherche d’un trésor…

Les illustrations anciennes :

(source : Lithographie MAYER; FREEMAN, 1846 – Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Vol 2, planche 791 © gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France)

Lithographie de Thierry Freres

Lithographie de Thierry Freres

 

 

Cartes postales anciennes :

L'histoire officielle longtemps colportée sans vérification :

‘Au bout d’une belle prairie adjacente au manoir, on trouve la chapelle dans laquelle est un tombeau”
(Fréminville, Antiquité du Finistère, réimpression de l’édition de Brest, 1822-1835, édition 1979, page 228)

La version de l’histoire, colportée sans vérification par Fréminville :

“Guillaume Simon de Traumenec ou Tromenec, surnommé le prodigue, pendant les troubles de la Ligue, guerroyait un peu pour son compte et même, quoique ligueur lui-même, il ne se faisait pas scrupule de mettre à contribution les domaines des catholiques lorsqu’il en était tenté.
Il ravagea un jour quelques terres appartenant à l’évêque de Léon. Ce prélat, grand feudataire de la contrée, ordonna au juveigneur  [François de Maillé] de Kermavan, son vassal et son avoué, de mettre, d’une manière ou d’autre, un terme à de telles déprédations.
Le jeune guerrier, d’un courage bouillant, ne trouva pas pour cela d’expédient plus prompt ni plus sûr que d’appeler Tromenec en duel. Ils se battirent, mais le sort trahit sa valeur : le vieux et expérimenté capitaine le tua dans ce combat siungulier.
Aussitôt, il fut excommunié par l’évêque de Léon : cette punition était encore, à cette époque, très redoutée en Bretagne. Le capitaine Tromenec fit un retour sur lui-même, se repentit de ses excès passés et en demanda pardon à l’Eglise. Il l’obtint, mais à condition qu’il ferait ériger, dans sa chapelle-même, au malheureux Kermavan, le monument que nous venons de décrire.”

(Guide du voyageur dans le département du Finistère (1844) – Chevalier de Fréminville)

feudataire : possesseur d’un fief
juveigneur : cadet apanagé (à qui on a donné une portion du domaine)
vassal : qui relève d’un seigneur
avoué : se disait anciennement d’un seigneur qui se chargeait d’être le protecteur, le défenseur des droits d’une église. Se disait aussi de toute espèce de protecteur.

Cette version fausse de l'histoire, reprise telle quelle :

” …Après son forfait, il fut excomunié par l’Evêque [faisant du Seigneur de Tromenec un hors-la-loi passible du supplice de la roue] et n’en reçu absolution que moyennant ……..et à condition d’élever dans la chapelle-même de Tromenec (St Laurent, appelée également de Kerviré et Notre Dame de Penfeunteun),sic dans le texte, un monument expiratoire à la mémoire de sa victime”

(Bulletin Diocésain d’Histoire et d’Archéologie, chanoine Peyron, 1916, pages 229-230)

Or la chapelle (celle du manoir tout proche) existait depuis déjà longtemps !

L'histoire véridique du duel... Réhabilitation de Guillaume Simon de Troménec :

Tout d’abord le contexte historique, par Bernard Le Bec : (document PDF)

Le début de l’explication, grâce à Louis Le Guennec, journaliste à “La Dépêche” : (document PDF)

Autre publication de Le Guennec, dénichée par Bernard Le Gouriérec, et l’analyse par Bernard Le Bec : (document PDF)

En résumé :
Guillaume Symon de TROMENEC n’était ni ligueur ni pillard. Il a effectivement commis un outrage motivé par un souci de prééminence, et a été condamné.

La finalité de l’histoire est qu’il n’y a pas eu de duel entre Simon Guillaume de Troménec et François de Maillé de Carman ( Kermavan ), ni à l’extérieur, ni dans l’église.

Il s’agit simplement d’une main mise à l’épée à l’intérieur de l’église pour une question de prééminence, les Carman ayant occupé les sièges des Troménec. (Il y avait prééminence des Carman sur Landéda. Tromenec le respectait. Mais un jour il n’y eut plus de d’héritier mâle chez les Carman et Guillaume aurait considéré que la prééminence ne s’appliquait plus)

Guillaume Simon de Troménec ayant mis la main à l’épée devant son suzerain, cela représente un acte de rébellion grave.

Il peut être condamné lui et sa famille par un juge à perdre tous ses biens, ou à accepter les injonctions du clergé, ce qu’il va faire en faisant faire ce tombeau honorifique pour les Carman.

Donc il n’y a pas eu de mort comme le confirme Michel Mauguen spécialiste en héraldique et généalogie qui a fait la généalogie des Kermavan ( Carman ) ou il indique que François de Maillé est décédé en 1627 soit 27 ans après le supposé duel, ou plutôt l’injonction du tribunal.

LA VERSION “FINALE” (en l’état actuel des connaissances…) par Bernard Le Bec.

Armoiries visibles sur l'extérieur de l'édifice :

Lion des Tromenec & 3 vagues des Maillé :

 

Les blasons :

1 Troménec
2 Kergroas, Maillé (ou Le Moyne ?) et autres
3 Tromenec et autre
4 ?
5 Troménec, Kergroas et autres, avec lion de Kermavan au centre
6 Troménec
7 ?
8 Tromenec, Kerouzéré, St Gouesnou, Le Barbu
9 Troménec
10 Le Barbu
11 Tromenec et Maillé

 

Détails de l'édifice actuel :

Remploi dans le mur nord :

 

L’intérieur en août 2007 :

 

 

Les gisants :

l’autel recréé par B. Le Gouriérec, d’après les vestiges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers 1965-1970, un des gisants près de la porte d’entrée (photo : Jano Uguen)

 

 

 

Gisant de “Kermavan” :

Gisant de Troménec :

Les fiches de l’Inventaire Régional (1979) :

Croquis de René Le Verge, qui n’oublie pas les inscriptions encore lisibles sur les gisants :
“Tombeau de François,
Juveigneur de Carman, tué en 1600″  et, de l’autre côté de l’écusson à la tête :
“Noble homme Guillaume Simon,
Seigneur de Traumenec,
fit faire ce tombeau.
Dieu lui fasse pardon 1602. “

Articles de presse

16 février 2022

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