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Chapelle de Landouzen

Landouzen - Situer

Auteurs

Office de tourisme du Pays des Abers
Le Pays des Abers va vous étonner sûrement, vous charmer nous l’espérons, vous conquérir sans doute, par la diversité de ses paysages. Une sortie en…

Landouzen

La chapelle de Landouzen est située sur un plateau entre deux cours d’eau : à l’ouest, un ruisseau qui rejoint l’Aber-Benoît et à l’est l’Aber-Wrac’h. Landouzen est situé près d’une voie romaine qui reliait Carhaix Kerilien à l’Aber Wrac’h. Selon une vie de saint Hervé, c’est ici que se sont rencontrés Hoarvian et Riwanon, parents du saint.

Le saint titulaire de la chapelle de Landouzen est saint Ursin. Il s’agit de la francisation d’un nom breton “Touzan” ou “Ourzan”. On connaît peu de chose de la vie de ce saint (il n’y a pas de rapport avec Saint Ursin premier évêque de Bourges). La légende dit que quand ce saint évangélisait la contrée, un dragon terrorisait la région et empêchait les gens d’aller vers lui. Un jour, Ursin réussit à capturer le dragon et l’attacha à une pierre haute située près de son église. Ursin entra dans la chapelle pour rendre grâce à Dieu. Le dragon tirait sur la chaîne pour essayer de se libérer et jurait d’y parvenir avant la fin de la messe et de faire écrouler l’édifice sur Ursin, mais il ne pût achever son œuvre destructrice. Saint Ursin noya le dragon dans les marécages (ou dans un puit sans fond). La chapelle est toujours debout et près du porche se trouve une pierre présentant une curieuse entaille.

Stèle à Landouzen

En 1610, Hervé Troadec est nommé chapelain de la chapellerie de Landouzen et en 1623, Hamon Stum est sous-curé de Landouzen. On y célébrait les baptêmes, les mariages et les funérailles. Comme à l’église du Bourg, les inhumations se sont faites dans la chapelle jusqu’en 1776, puis dans le cimetière. En 1767, on fait des travaux au niveau du clocher et une nouvelle cloche est bénite en 1783. Elle a pour parrain le marquis de Kerouartz, dont la famille est issue de Lannilis.

Chronique de Kerouartz (p.66): ” Enquête faite à la demande de Sébastien Louis de Kerouartz, chevalier, marquis de Kerouartz, comte de Saint Valérien, demandeur contre Vincent Michel Pappe, sieur de Lescoet, défenseur au sujet des prééminences droits honorifiques et tombes en l’église N.D de Landouzen, 22 juin 1730.”

Après 1800, le culte sera transféré au bourg et la chapelle ne sera plus ouverte que pour les Rogations (les trois jours précédant le jeudi de l’Ascension) et le pardon qui avait lieu le deuxième dimanche de juillet. La chapelle sera encore utilisée, vers 1845-1850 pendant la reconstruction de l’église du bourg. L’accès du baptistère est muré avant 1900 et la toiture de ce petit édifice s’effondre; la cuve baptismale restera pendant des décennies sous un amas de ronces et de feuilles mortes.

Cette chapelle était très chère à Tanguy Malmanche (écrivain français se réclamant de la culture bretonne), qui s’y rendait volontiers pour méditer lorsqu’il séjournait au manoir du Rest près de Loc-Maria à Plabennec.

Le presbytère se trouvait entre Kerdilizien et le Créac’h. Ce presbytère a brûlé en 1765, et ne fut pas reconstruit. Le champ et les trois courtils ont été vendu en 1849 pour faire face aux dépenses de la construction de l’église du Drennec. Sur le cadastre, il y a à cet emplacement une parcelle qui s’appelle “liors ar presbital” (jardin du presbytère).

Au début du XXème siècle, la chapelle est laissée à l’abandon et Louis Le Guennec (archéologue et historien breton) écrivait “Au Drennec, l’église de Landouzen, où pria Saint Hervé, était déjà bien menacée, lorsque je la vis vers la fin de 1918. Des déjections d’oiseaux nocturnes, tombés de la voûte pourrie, souillaient ses beaux autels Louis XIV”. Dans “Brest et sa région”, il donnera une description plus détaillée du site de Landouzen : “L’église date du XVIe siècle avec son clocher à galerie et un petit ossuaire. Sur l’un des contreforts du chevet se lit la date de 1525 en gothique. Quoique solidement construite, cet édifice abandonné depuis la séparation, réclame des réparations urgentes fautes desquelles elle va, comme tant d’autres chapelles bretonnes, à une ruine complète. La décoration en bois sculpté et doré du maître-autel, offre deux grandes palmes soutenant une croix entrée dans le globe du monde et deux médaillons avec les effigies d’un saint et d’une sainte anonyme. Des deux côtés du tabernacle, peinture sur bois du Christ bénissant et de la Sainte Vierge en buste. A gauche, Vierge Marie assise, avec l’Enfant-Jésus tenant un oiseau ; à droite, Saint Ursin, patron de l’Eglise, en évêque, muni d’une croix à double croisillon. Devant le sanctuaire, une pierre tombale porte un écusson fascés au chef chargé de trois besants. A l’autel de droite, il y a un tableau XVIIIe siècle de Saint Pierre assis et priant. L’autel de gauche possédait une riche tabernacle Renaissance que j’ai vu en 1918 posé par terre à côté et déjà fort détériorée”.

En 1923, le préfet du Finistère adresse une lettre au maire du Drennec au sujet de la chapelle de Landouzen. Le conseil municipal décide d’entreprendre quelques travaux de sauvegarde : réparation de la toiture et changement des fenêtres par Guillaume Guillon de Ploudaniel. La cloche de Landouzen sonnera encore lors du passage des cortèges de mariage et des convois funéraires. Certaines routes, au début du XXe siècle, étaient impraticables après les pluies et les convois mortuaires venant de Kergus et du Ruat passaient par Landouzen. Les enfants passaient à travers champs pour se rendre à l’école au bourg du Drennec ou à Lanarvily.

Après la guerre de 39-45, la chapelle ne sera plus entretenue. Le bâtiment se dégrade très vite, les ardoises manquantes ne sont pas remplacées. En 1960, les boiseries du chœur sont retirées et une partie a été installée dans l’église paroissiale ainsi que le maître-autel et la statue de Saint Ursin. Une autre partie des boiseries orne les fonds baptismaux de l’église de Guiclan (commune proche de Morlaix). La statue de la Vierge est à Saint-Jacques à Brest. Les tableaux qui ornaient les autels latéraux seront brûlées. L’ossuaire sera démoli et les pierres de taille partiront à Léchiagat dans le pays Bigouden pour la construction d’une église. La cloche a disparu. Face aux risque d’éboulement, la municipalité placera au bord de la route un panneau “Défense d’entrée – Danger”. M. François Marzin, recteur du Drennec de 1952 à 1957, avait pensé à un moment y faire un oratoire.

Le démantèlement du site de Landouzen avait commencé bien plus tôt. En 1884, les personnages du calvaire de 1597 seront utilisés pour dresser un calvaire au bourg en souvenir de Mission. La balustrade de chœur de l’autel des morts, dans le transept nord, clôturera les fond baptismaux du bourg. Vers 1960, une croix située en bordure de route sera offerte à un chirurgien qui soignait bénévolement les prêtres. Les pardons se dérouleront jusqu’en 1956 et lors du pardon de cette année-là, la cérémonie est achevée par le De Profundis. La chapelle pouvait mourir en paix.

La chapelle se détériore très vite, des pierres tombent du clocher sur la toiture. Le temps fait son œuvre, le vent et la pluie pénètrent par les brèches béantes. Mais il faut signaler aussi les actes de vandalisme : des pierres taillées disparaissent du porche et des murs. C’est dans cet état d’abandon qu’est la chapelle lors de la visite de Dominique de Lafforest en 1969. En mai, il publiera dans le Télégramme de Brest sous la rubrique “SOS vielles pierres”, un appel au secours pour Landouzen. Les voisins répondront à cet appel.

Au début du XXème siècle, le jour du pardon de Landouzen, les commerçants du bourg installaient leur étals aux abords de la chapelle et proposaient boissons, bonbons et fruits. Il y avait aussi un jeu de quilles. Les cantonniers avaient coupés l’herbe; “gouzeler” les murs, la semaine précédant le pardon. Après 1952, ce sont les religieuses qui préparaient la chapelle pour la messe. En arrivant à Landouzen, elles avaient parfois une drôle de surprise, comme trouver une chouette au-dessus de la porte. Les cantonniers avaient signés leur passage. Dans les années 40-50, le jour du pardon, la messe était célébrée le matin et l’après-midi on chantait les vêpres et une procession faisait le tour de la chapelle.

L'enclos

La chapelle a conservé son enclos avec une entrée principale constituée de trois gros piliers en pierre de taille et d’un échalier. Le pilier central était surmonté d’un calvaire dont il ne reste que le fût et la date : 159X. Les deux petites entrées côté nord ont été remaniées lors des restaurations, mais elles sont à leur emplacement d’origine. Celle à l’ouest comportait un échalier, tandis qu’au nord, l’accès se faisait par des marches de pierre incluses dans le mur. L’ossuaire près du porche et la sacristie à l’angle nord-est ont disparu. Il y a un admirable porche gothique avec des bancs latéraux et une pierre tombale, sans bénitier ni croix, portant simplement l’inscription “A : MASOUN 1781”.

A l’angle nord-est, une grande croix monolithe a été dressée en 1997.

Une pierre tombale se trouve dans l’angle à l’emplacement de l’ossuaire, c’est la pierre de Jean Broc’h (prêtre natif de Kerdeozen bian, décédé en 1778, fils de Jean Broc’h et de Jeanne Kermarrec). Cette pierre était avant 1970 au milieu de l’enclos. Près de cette dalle funéraire, il y a un fragment de fût de croix, un fragment de base de croix et deux stèles.

Une dalle marquée “A : MASSOUN 1781”, située dans le porche (elle n’a pas été déplacée lors de la restauration) ne présente pas les caractères que l’on retrouve sur les pierres tombales de cette époque (trou pour l’eau, inscription, croix…). Il y a bien eu une inhumation dans le “portique” de Landouzen en 1781, il s’agit de celle de Jean Berthou, gendre de Allain Masson. C’est la seule inhumation qui est notée dans le portique entre 1776 (fin des inhumations dans l’église) et 1792. Allain Masson était décédé en 1777 et a été inhumé dans le cimetière. Nous pouvons supposer que lors du décès de Jean Berthou, les restes de son beau-père ont été transférés dans le porche.

Les stèles

Le site est habité depuis longtemps comme l’atteste la présence de stèles de l’âge de fer. La plus connue est la pierre octogonale située près du porche de la chapelle. La légende raconte que Saint Ursin y enchaîna le dragon qui terrorisait la région et empêchait le saint d’évangéliser le pays. Cette pierre présente une entaille bien curieuse : cette usure aurait été faite par le passage de la chaîne, quand le dragon a cherché à se libérer.

Près du porche ont été placées deux autres stèles trouvées dans l’enclos lors des travaux en 1980. Une pierre triangulaire dont le sommet est cassé et l’embase bien visible et une stèle ovoïdale marquée d’une croix. Des stèles ont été christianisées par les évangélisateurs avant le Xe siècle et seraient les ancêtres de nos calvaires.

Dans l’angle nord-est près de la croix, il y a une pierre quadrangulaire qui est peut-être une stèle. La pierre qui était incluse dans le mur était aussi un fragment de stèle.

La pierre ronde qui se trouve sur le pilier à l’entrée du parc n’est pas une stèle. Cette pierre provient de Lan ar Moan.

Mais la pierre la plus surprenante par son réemploi est à l’intérieur de la chapelle, c’est la cuve baptismale. C’est une partie d’un fût de stèle à plusieurs faces irrégulières, présentant des motifs creux. Selon l’abbé Castel, c’est le seul exemple de réutilisation d’une stèle pour cet usage dans le Finistère.

La chapelle

La partie la plus ancienne de l’édifice est du XVème ou du début du XVIème siècle. C’est l’ensemble constitué par le porche, la cheminée et l’ossuaire (qui n’existe plus aujourd’hui). Cette partie pourrait correspondre à la date « 1526 » figurant sur le contrefort du chevet. La chapelle a été agrandie au début du XVIIIème siècle et c’est sans doute à cette époque que la grande verrière du chevet a été murée. Les boiseries sont contemporaines de ces modifications. Le sommet du pignon sud porte une date « 1725 ».

Actuellement, il ne reste plus rien du mobilier ancien. Devant le chœur, il y a trois pierres tombales avec des écussons dont un seul est lisible et présente les armoiries d’un cadet des Barbier de Kerjean. Sous le mur du transept nord, il n’y a qu’une petite partie visible d’une belle pierre tombale. Une pierre dont l’écusson porte une croix, se trouve devant la petite porte latérale. Une autre est visible au niveau des marches nord-ouest et servait autrefois d’échalier pour cette entrée. Une autre pierre tombale a été réutilisée pour la construction du clocher ; elle est en deux parties et se trouve au niveau de la plateforme, elle est marquée d’une croix en creux.

Dans le bas de la nef, il y a une cheminée qui a été dégagée en 1997. Lors de la fermeture, le linteau avait été cassé en deux et inclus dans le mur pour servir de support de statue. Un de ces morceaux est encore dans le mur. Un linteau en pierre a été posé lors du dégagement en 1997.

Dans les fonds baptismaux, la cuve baptismale est toujours en place mais il lui manque la piscine dont la zone d’accrochage est visible. La croix métallique accrochée au mur du baptistère est l’ancienne croix du clocher construit en 1765, elle a été restaurée en 1999.

La restauration

En 1969, Dominique de Lafforest, chroniqueur au Télégramme, publie le 16 mai, sous la rubrique « S.O.S vieilles pierres », un article sur Landouzen. Des jeunes du quartier ont adressé au journal une lettre signée par les habitants des environs de la chapelle. Une première rencontre a eu lieu sur le site le 6 juillet. Une association présidée par Louis Tygréat est fondée pour la sauvegarde des ruines de Landouzen « Mignoned Landouzen ». Cette association est déclarée à la sous-préfecture de Brest le 1er septembre 1969. Une fête est organisée le 31 août 1969, ce fût un succès.

Similitude

Il existe au Pays de Galles un lieu « Llanddeusant » dont la similitude avec Landouzen est frappante.

Llanddeusant, le monastère des deux saints, aurait été édifié par Saint Pol, les deux saints étant ses frères Podol et Notol. D’après Joseph Loth, Podol serait à l’origine de Lambezellec … Il s’agit d’un lieu ancien déjà occupé au temps des romains et de forme circulaire, comme beaucoup de lann, particulièrement en Cornouailles. (Minihi Levenez N° 126-2011)

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